vendredi 25 janvier 2008




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NEUFCHATEAU (AFP) - Une dramatique collision entre un train et une voiture, à l'issue d'une course-poursuite, a entraîné la mort de quatre personnes, dont trois gendarmes, dans la nuit de jeudi à vendredi à Neufchâteau (Vosges).
L'accident s'est produit à 01H45 sur un passage à niveau après la prise en chasse d'une voiture par une patrouille de gendarmes, selon le procureur d'Epinal Bernard Marchal.

Le conducteur, un homme de 21 ans "interpellé à plusieurs reprises, notamment pour des affaires de stupéfiants", roulait sans permis, ce qui avait motivé la poursuite, a poursuivi le procureur. La voiture qu'il conduisait avait en outre été volée en janvier, d'après M. Marchal.

L'homme a essayé d'échapper aux militaires en "forçant" un passage à niveau dont les barrières étaient baissées, a-t-il expliqué. Bloquée par un premier train, la voiture a été percutée par un train de fret venant dans le sens opposé à environ 100 km/h, a raconté le procureur.
Sous l'effet du choc, la voiture a "fait tampon", tuant deux gendarmes sur le coup et fauchant mortellement le troisième, décédé des suites de ses blessures après son admission au Centre hospitalier de Nancy, a-t-il poursuivi.

"C'est en voulant secourir un conducteur dont ils connaissaient les antécédents que les gendarmes ont péri tous les trois", a souligné Bernard Marchal qui a voulu "rendre hommage à leur courage, à leur abnégation".

L'accident pourrait avoir fait une autre victime. "Il faudra attendre que le véhicule soit complètement dégagé pour être certain qu'il n'y a pas un autre occupant côté passager", alors que cette partie de l'automobile reste encastrée sous la locomotive, a observé M. Marchal.

Les gendarmes Philippe Regnier, Bertrand Boyer et le gendarme-adjoint Jérôme Bienfait, respectivement âgés de 25, 26 et 21 ans, ont "fait des signes" au train qui arrivait, ce que "le machiniste atteste", même s'il n'en a "pas compris le sens", a observé le procureur. L'un des trois militaires devait se marier cet été. Les deux autres allaient devenir pères.

Dans un communiqué de l'Elysée, le chef de l'État Nicolas Sarkozy a adressé ses plus sincères condoléances et son soutien dans cette épreuve aux familles et au groupement de gendarmerie des Vosges.

"C'est un drame affreux", s'est ému le général Gérard Samuel, commandant de la gendarmerie de Lorraine, tandis que de nombreux membres du gouvernement exprimaient leur "profonde tristesse".

Le Premier ministre François Fillon et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, faisant part de leur très vive émotion et de leur tristesse, ont annoncé leur venue vendredi en début de soirée à la gendarmerie de Neufchâteau.

Une analyse toxicologique sera pratiquée sur la dépouille du fuyard pour savoir s'il conduisait sous influence, car des stupéfiants ont été retrouvés sur lui, selon M. Marchal.

Les secouristes ont également découvert dans la voiture le cadavre d'un chien, ainsi que des fûts d'essence et des tuyaux servant à siphonner des réservoirs du carburant, selon la même source.
D'après les pompiers, aucun blessé n'est à déplorer dans le train de marchandises, dont la locomotive semble quasiment intacte, alors que la voiture a été littéralement pulvérisée.

Le trafic ferroviaire de la ligne Toul-Dijon est interrompu entre Neufchâteau et Colombey-les-Belles dans les deux sens, sans qu'on sache quand il sera rétabli, a indiqué un porte-parole de la direction lorraine de la SNCF. Un service de navettes devait être mis en place.




Neufchâteau : Fillon exprime aux gendarmes la gratitude des Français



NEUFCHATEAU (AFP) - Le Premier ministre François Fillon a exprimé vendredi à la gendarmerie la "gratitude des Français" après s'être incliné devant la dépouille des trois gendarmes décédés à Neufchâteau (Vosges) lors d'une course-poursuite avec un automobiliste en fuite qui a aussi péri.

"La gendarmerie paie un très lourd tribut à l'accomplissement de cette mission qui est la protection des Français et je veux, au nom de tous les Français, dire à la gendarmerie, aux camarades de ceux qui sont décédés et, à travers eux, à tous les gendarmes, la gratitude qui est la nôtre, le respect pour la mission qu'ils accomplissent", a déclaré M. Fillon.

"Je suis venu m'incliner devant les corps des trois gendarmes. Je suis venu partager la douleur de leurs familles", a-t-il ajouté.

Après s'être recueilli au funérarium de la ville, il a rencontré les familles et la brigade endeuillées.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et le président (UMP) du Sénat Christian Poncelet, également président du Conseil général des Vosges, l'accompagnaient.

M. Fillon était arrivé directement de Luxembourg où il avait effectué une visite dans la journée.


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