L'enquête sur les tirs contre les policiers a progressé
Jean-Marc Leclerc - Le Figaro - Mise à jour : 20/02/2008 à 23:50
Jean-Marc Leclerc - Le Figaro - Mise à jour : 20/02/2008 à 23:50
Sur les trente-six personnes interpellées depuis lundi à Villiers-le-Bel, quatorze subissaient mercredi encore un interrogatoire. Les langues se sont déliées en garde à vue. Au final, plus d'un tiers des interpellés devraient répondre devant la justice. Pourtant difficile au départ, un dossier s'est révélé le mieux étayé. Dans l'instruction ouverte sur les tirs contre les forces de l'ordre les soirs d'émeute, la police ne disposait en effet d'aucun signalement, les auteurs ayant agi de nuit, le visage masqué. Mais les vieilles méthodes de la PJ ont porté leurs fruits.
La balistique tout d'abord, qui a permis de déterminer, d'après l'étude des douilles recueillies sur place, que trois armes avaient été utilisées. Elles n'ont certes pas été retrouvées, mais les juges savent désormais que quatre tireurs ont pu s'en servir.
Quatre tireurs présumés qui figuraient mercredi parmi les suspects encore interrogés. Et devraient être déférés jeudi.
En outre, la PJ ne pensait pas que les personnes placées en garde à vue depuis lundi passeraient à table facilement. «Et pourtant, elles parlent», se félicite un policier. «Quatre-vingt-seize heures de garde à vue, c'est long», ajoute un magistrat, certain que, dans cette affaire, «la montagne n'accouchera pas d'une souris».
En outre, la PJ ne pensait pas que les personnes placées en garde à vue depuis lundi passeraient à table facilement. «Et pourtant, elles parlent», se félicite un policier. «Quatre-vingt-seize heures de garde à vue, c'est long», ajoute un magistrat, certain que, dans cette affaire, «la montagne n'accouchera pas d'une souris».
Là où les investigations de la sécurité publique sur l'agression contre le commissaire Illy, le 25 novembre 2007, n'ont abouti qu'à un seul témoignage sous X, la PJ a pu en susciter plusieurs. Ce qui lui a permis de les recouper. Et ces témoignages pèseront lourd.
Sur les trente-six personnes au total interpellées depuis lundi, quatorze subissaient mercredi encore un interrogatoire dans le cadre de l'instruction sur les tirs. Les enquêteurs avaient bon espoir d'en «accrocher» une «petite dizaine». Leur profil correspondrait bien à ceux de la «pègre locale» décrite dans les rapports de police sur Villiers-le-Bel : des individus violents, plutôt âgés, autour de 30 ans, et connus pour régner sur leur clan par la terreur. La PJ a notamment «ciblé» les frères K. ou un certain Abdelkader comme étant les «meneurs».
« Rapport de forces renversé»
Un dossier a aussi été ouvert sur la tentative d'homicide contre le commissaire Illy et l'incendie de son véhicule, le 25 novembre 2007. Il a conduit à la mise en examen de deux individus pour destruction de bien d'autrui. Ceux-là ont été placés sous contrôle judiciaire. Un troisième homme a été placé sous le statut de témoin assisté dans cette affaire. Concernant la tentative d'homicide proprement dite, un seul mandat de dépôt a été requis contre un quatrième suspect. Reste l'instruction sur les incendies du 26 novembre au soir contre une école maternelle et une bibliothèque. Elle a déjà abouti mercredi à la mise en examen de deux suspects, tandis que deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Au final, un bon tiers des personnes interpellées lundi devraient avoir à répondre de leurs actes après les émeutes de Villiers-le- Bel. Leurs complices sont passés au travers des mailles du filet judiciaire. Mais ils sont policièrement démasqués. Un commissaire expliquait mercredi que «l'opération de Villiers a permis de renverser le rapport de forces entre la police et les voyous». Depuis trois mois, les noms de certains délinquants circulaient dans les cités. «Les habitants qui savaient étaient d'autant plus terrorisés que ces voyous agissaient avec la morgue de celui qui croit que la police ne viendra jamais l'arrêter», confiait mercredi un policier. «Certes, ces petites frappes ne tomberont pas toutes, renchérissait un collègue, mais toutes savent désormais que nous les connaissons et que nous viendrons les débusquer à chaque fois que la justice l'estimera nécessaire.»
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire